mercredi 4 octobre 2023

IL FAUT UN VÉLODROME À L’UNISSON !

 Supporter acharné, il faut l’être pour me lire, supporter d’élite, supporter exemplaire, je te salue fraternellement.

Jour d’Europe aujourd’hui, mais je t’avoue d’entrée que je ne vis pas le frisson de ce genre de journée car vois-tu, ce soir à l’heure du match, je serai à l’Opéra… pour madame.


Évidemment que si les olympiens avaient accédé à la Ligue des Champions, jamais le problème ne se serait posé, aucun match le jeudi. Je me ferai donc la 1re mi-temps vers le Vieux-Port sur mon tel, et la 2e en replay de retour à la maison. Pas de billet à chaud mais une publication sûrement demain matin.


Où en est notre pauvre équipe qui sort de deux défaites contre des cadors ? Si nous avons une certitude ce matin, c’est que Gattuso et son staff ont déjà analysé les forces et les faiblesses de leur formation. Auront-ils eu le temps de serrer tous les boulons, de regonfler le moral des troupes pour reconfigurer leur petit monde en vue du combat qui les attend ? Pas sûr.


Certes, ils auront sûrement optimisé quelques axes qui méritaient une intervention urgente, mais le coach italien de l’OM admet lui-même qu’il aura besoin de la prochaine trêve internationale pour remettre la plupart des circuits d’aplomb. Là-dessus il se fout le doigt dans l’œil, car le nombre de joueurs sélectionnés dans leurs équipes nationales reste un problème qui l’empêchera d’accomplir pleinement cette mission.


Que va faire Gattuso ? Sortir Pau Lopez et M’Bemba ? Sanctionner Correa pour son manque d’implication dans le jeu ? Nous allons attendre la composition, mais je serais étonné que pour Lopez il prenne une décision si vite, le gardien olympien est toutefois dans l’œil du cyclone.


Drôle de match à venir entre deux équipes cabossées dans leurs championnats respectifs, une note plus grave pour les hommes de De Zerbi qui ont perdu leur premier match à domicile contre l’AEK Athènes dans cette compétition. Deviner laquelle des deux saura se relever le plus vite ? Personne ne peut le dire même si l’OM est supposé avoir l’avantage du terrain. Cela en est-il vraiment un avec nos joueurs au faible caractère ?


Un élément du jeu m’intéresse. Cet Olympique de Marseille saura-t-il conquérir la maîtrise du ballon ? J’ai des doutes mais demande à être surpris. Ce sera une clé du match. Pressing, contre-pressing, prise haute sur l’adversaire, puissance et tranchant des attaques, et j’ajoute : efficacité. Sauf qu’en face, ils seront dans les mêmes attentes.


Ce sera aux supporters de faire un grand match pour aider leur équipe. En ne chantant pas « mouille le maillot ou casse-toi », un chant qu’ils vont finir par galvauder.


Je n’aime pas trop le monde des supporters en ce moment. Entre le dérapage de la réunion du 18 septembre, les Twittos qui nous ont gonflé depuis mardi soir avec la victoire lensoise. Achetez-vous un maillot Sang et Or si vous voulez, changez de crèmerie, des supporters comme ça on en veut pas. Cela n’empêche pas de respecter ce qu’ont fait les joueurs de Franck Haize. Nous avons besoin d’une grande équipe, mais les supporters doivent être en harmonie. On veut un Vélodrome à l’unisson. Le stade de Newcastle a montré l’exemple hier au soir, nous savons le faire aussi.


Pour ce qui est de la persistance de quelques-uns à colporter la rumeur d’une vente de l’OM aux saoudiens, elle me semble ne relever que du pathétique, du pathologique, voire de la misère intellectuelle et mentale.


Vive le grand Roger Magnusson !

Thierry B. Audibert


samedi 30 septembre 2023

DE QUOI FAIRE MIEUX…

 On attendait une réaction et même un véritable choc psychologique lié au changement de coach, on l’a eu. Un départ canon qui voit l’OM ouvrir la marque avec une magnifique ouverture de Murillo, qui prenait la place de Lodi blessé, pour Aubameyang côté gauche qui centrait pour N’Diaye qui marquait malgré une reprise foirée, on venait juste de commencer.

Malheureusement, Monaco compte avec Akliouche un nouveau très bon joueur qui trouvait un relais dans la surface, se recentrait et frappait spontanément au ras du poteau que n’avait pas permis de fermer le gardien marseillais. J’anticipe pour dire que le 3e but monégasque ressemblera au premier, car Monaco réussira 3 buts dans ce match et sur chacun, on peut penser qu’un très grand gardien aurait pu en éviter un ou deux. Pourtant, avec une double parade en 1re mi-temps face à Akliouche, et un arrêt en 2e face à Balogun, le gardien marseillais aura permis à son équipe de ne pas se faire distancer.


Si l’OM perd ce match ce soir, restant dans l’impossibilité de se relancer, c’est en raison de la lourdeur de sa défense souvent prise au duel, c’était flagrant sur le 3e but.


La 2e mi-temps fût moins intense que la première qui s’était terminée à 2-2 (Gigot reprenant de volée un excellent centre de N’Diaye), l’OM à chaque fois prenant le dessus avant d’être rejoint par leur adversaire du jour. Les monégasques ont  été les premiers à trouver la faille par Akliouche et les olympiens ne furent jamais en mesure de recoller au score, baissant de pied physiquement, se montrant maladroits dans les derniers gestes.


On pourrait penser que l’OM méritait le nul mais ce n’est pas totalement mon avis. Les monégasques étaient devant en terme d’occasions de buts, en tranchant, en puissance et avec une meilleure capacité défensive au fur et à mesure que le match se déroulait.


L’expérience de Gattuso ne fait que commencer. Nul doute qu’il aura constaté ce soir les possibilités et les limites de son groupe. Ce soir Ounahi, Gigot et N’Diaye se seront montrés à leur avantage, les autres ont bossé, mais pas Correa dont on peut se demander ce qu’il fout dans la peau d’un titulaire, ni Aubameyang qui n’aura pas montré grand chose mis à part son centre sur le premier but, M’Bemba devient vraiment inquiétant. Quant à Pau Lopez, à mon tour d’en avoir plein les c…


Ce n’est pas le moment de tout remettre en cause, il y a de quoi faire mieux, mais je préfère ne pas trop regarder le classement.


Vive le grand Roger Magnusson !

Thierry B. Audibert


vendredi 29 septembre 2023

ÇA PART DE LÀ ?

 Amis supporters divisés, je vous salue plein de grâce (oui, souvenir du passage du Pape, aimons-nous les uns les autres),


Un nouveau chapitre de la grande histoire de l’OM, ou disons plutôt un nouveau sous-chapitre, s’est ouvert cette semaine avec la nomination de Gennaro Gattuso au poste d’entraîneur en remplacement de Marcelino qui a jugé que ce club de malades n’était pas fait pour lui, jugement que partageait déjà bien avant pas mal d’entre vous. Exit Pancho, intérimaire contesté pour son approche tactique frileuse à Paris, que lui avait inspirée David Friio son supérieur hiérarchique… qui aurait pu fermer sa gueule et laisser faire le jeune professionnel.


L’équipe se rendra ce soir à Monaco avec pas mal d’ecchymoses sur la tronche car nous n’aurons pas de mal à convenir qu’elle s’est faite estramasser dimanche dernier à Paris. Il n’est jamais facile quand on est un joueur doté d’un minimum de fierté de se remettre d’une telle déconvenue mais sait-on jamais, si Rhingo comme ses amis italiens surnomment le nouveau coach, a su trouver les bons mots, la conviction nécessaire, pour faire entendre à ses hommes qu’ils ne sont pas si nuls, qu’il est temps de remettre leurs qualités à l’honneur en injectant un peu plus de cœur et de tripes, et si l’on tient compte du fait qu’il manquera du beau monde côté monégasque, rajoutons dans un Stade qui nous réussit, il n’est pas fou d’envisager que les marseillais reviennent de ce court déplacement avec les trois points.


Mais on est l’OM… et on ne sait jamais.


C’est donc l’incertitude qui domine encore pour ce soir à un moment où il est impératif que le club se remette la tête à l’endroit, alors qu’a commencé le grand nettoyage autour du groupe pro. Cinq personnes qui participent à l’organisation de la vie de l’équipe ont été écartés par Longoria et son staff, et il est fort possible que cela ne s’arrêtera pas de sitôt. C’est un grand chamboulement pour les joueurs qui sont là depuis au moins une saison, nous guetterons le moindre signe de perturbation chez eux dans leurs performances.


Je dois vous confier que je n’ai pas sauté d’émotion en apprenant l’arrivée de Gattuso, mais pour autant je me range complètement derrière lui. J’aurais voulu qu’on laisse du temps à Marcelino qui pour beaucoup ne parlait pas assez haut et fort pour être crédible au bord de la touche, c’est pas pour remettre Gattuso en question d’entrée y compris si les Monégasques devaient nous battre.


La première composition de l’ex-milanais donnera peut-être des indications sur sa manière d’analyser ses nouveaux joueurs. Il tentera peut-être des choses et ce sera intéressant. Notre seul souhait est que ça parte de là… pour le reste on a bien le temps de voir.


Voilà, je m’arrête ici ! J’éviterai de parler de la nouvelle rumeur Vente OM totalement ridicule. Cette fois c’est un journaliste de France Bleu Provence qui s’est fait avoir. Utiliser un conditionnel serait plus adapté, se serait fait avoir. Mais observons que c’est encore un second couteau qui tomberait au champ d’honneur de sa profession en relayant un marchand de saucisses.


Vive le grand Roger Magnusson !

Thierry B. Audibert

dimanche 24 septembre 2023

NE RÊVONS PLUS !

 Parmi les phrases qui ont été rapportées de la terrible réunion entre la direction de l’OM et les associations de supporters, il y a celle-ci : « On ne voit jamais le ballon… ». De toutes les outrances proférées ce soir-là, c’est sans doute la pire de toutes car elle était très exagérée, mais alors que Marcelino, entraîneur de l’OM jusque-là, a quitté sa place en raison même de cette réunion, nous n’avons vraiment pas vu le ballon ce soir à Paris contre l’équipe du Qatar. Quelle ironie !

Parce que je n’hésite pas à le dire, si l’équipe avait conservé son entraîneur, si elle avait été préservée de ce qu’on peut maintenant qualifier de folie du pouvoir de la part d’un président d’association qui a gravement dérapé, elle aurait peut-être mieux tenu son rang. Car elle serait arrivée sur la pelouse du Parc des Princes avec des repères et qu’il est évident qu’elle n’en a plus.

Car au XXIe siècle, on ne peut plus considérer qu’on peut entraîner comme au temps de Papy : « Voilà, toi tu vas là, toi quand tu as le ballon tu le donnes tout de suite à lui. Mettez-vous pas trop haut mais aussi pas trop bas, et jouer avec vos couilles à la main, je veux des hommes… ».

Une équipe de football aujourd’hui c’est comme une Formule 1. Un boulon invisible mal serré et il y a un problème. Il y a une structure, une architecture. Tout s’assemble patiemment avec le savoir-faire de l’artisan. Il faut du temps. Entraîner c’est un métier. Ça ne s’improvise pas.

Dans ces conditions, j’avais pronostiqué le 4-0 dès jeudi soir quand m’a sauté aux yeux le jeu déliquescent de l’OM, quand j’ai vu les joueurs pratiquer leur métier comme leurs grand-pères.

Il y a dans la défaite de ce soir une part pour l’écart de budget entre les deux équipes, une part dans le manque de caractère des joueurs, il faut accorder la sienne à Longoria mais la plus grosse part est pour les associations de supporters qui ont tout foutu par-terre, comme des minots gâtés cassent un jouet, ce qui était en train de se construire.

Ce soir, nous savons que nous n’avons plus aucune chance de voir repartir notre saison avant la trêve hivernale, à moins que Longoria ne mette la main sur un sorcier du football, mais ne rêvons pas.

Ne rêvons plus pour cette saison. 

Vive le grand Roger Magnusson !

Thierry B. Audibert

samedi 23 septembre 2023

T’ES FOOT OU QUOI ?

Ami supporter, amie supportrice de la Confrérie Olympienne, je te souhaite un bon dimanche.


Quelle semaine nous avons eue, et dire qu’elle n’est même pas terminée.


Suite à la discussion houleuse de lundi soir entre la Direction de l’OM et les associations de supporters, nous avons perdu un entraîneur, failli perdre un président, nous nous sommes divisés mais pas trop quand même dans les appréciations des torts et des raisons de chacun des protagonistes, nous avons récupéré un nouvel entraîneur, intérimaire pour l’instant, disputé un match de Coupe d’Europe à Amsterdam que nous aurions pu perdre ou bien gagner, mais qui s’est terminé sur un match nul. Pendant ce temps au Vélodrome, l’Équipe de France de rugby a écrasé la Namibie mais un namibien, pas du tout un ami bien, a écrasé la mâchoire d’Antoine Dupont, notre meilleur joueur. Puis enfin une bonne nouvelle, le président Pablo Longoria a décidé de rester, ensuite le Pape est arrivé à Marseille, deuxième bonne nouvelle, il a passé deux jours à balancer des scuds sur ce peuple de droite qui se gargarise de morale chrétienne et qui se tient pourtant loin des Évangiles qu’il n’a sans doute jamais lus. Puis on a aperçu des failles dans la fameuse union des associations de supporters et toute la responsabilité des propos outranciers proférés au cours de la réunion du lundi s’est concentrée sur le patron des Winners, groupe sous la responsabilité duquel a été conçu et géré un tifo dédié au Pape dans le Virage Sud, chose qui gêne aux entournures une partie des autorités marseillaises aux commandes de la mairie quand il s’agit de s’exprimer sur la situation. Et Bim, ce soir, en clôture de cette folle semaine, une équipe de l’OM sans doute un peu déstabilisée va se rendre au Parc des Princes pour affronter le Qatar… Excusez du peu. De quoi devenir tous fous, ou foot…


Je vais pas revenir sur l’affrontement futur Longoria-assos de supporters car cette affaire aura encore des échos prochainement. Et d’un autre côté, je n’ai pas une grosse envie de disserter sur le match de ce soir.


Si nous jouons comme jeudi avec cette seule intention d’attaquer et de jouer au ballon sans avoir pris le temps de travailler un certain nombre de sécurités pour les taches défensives, si nous ne tenons pas compte des forces de l’adversaire en positionnant le bloc n’importe comment, je le disais jeudi par tweets, je le répète aujourd’hui, nous nous ferons défoncer.


Si nous jouons un peu trop haut au prétexte d’avoir un football d’attaques à la oinegaine, les flèches Qataries vont se régaler et ça pourrait déboucher sur une boucherie (j’aime bien).


Je ne crois pas trop que l’équipe sera modifiée mais je tenterais bien le petit Meïté à la place de M’Bemba qui nous a fait plus que peur jeudi. Kondogbia n’a pas été terrible, pour ma part je ne le reconduirais pas (d’ailleurs on l’annonce blessé mais c’est peut-être diplomatique), j’alignerais Veretout. Bref, j’ai pas le moral.


Hier au soir, je suis allé voir une pièce que jouaient deux potes (ils m’avaient permis de débuter sur les planches à la Divine Comédie qui appartenait à l’un des deux et qui l’a revendue), c’était au Divadlo Théâtre et ça s’appelle T’es Foot ou Quoi ? Une histoire de deux amis dont l’un est fou de foot et l’autre pas du tout. Et dans une séquence un peu délirante, l’un des deux étale des photos de footballeurs de dimension A4 dans l’appartement de l’autre, et parmi les photos (anachronisme marrant justifié par le fait que le fou de foot est grand supporter de l’OM), il sort celle de René Malleville. J’ai eu donc en face de moi (j’étais assis au premier rang) le visage de René qui me souriait jusqu’à la fin de la pièce. René qui nous a quittés depuis deux ans cette semaine, et dont je me demande bien ce qu’il aurait pensé de cette semaine de folie, lui qui comme nous était fou… et foot.


Vive le grand Roger Magnusson !

Thierry B. Audibert 

mercredi 20 septembre 2023

FABRICANTS OU VOLEURS D’ÉMOTIONS ?

 Ami lecteur supporter, amie lectrice supportrice, je te salue

Je te salue avec grande tristesse avant de t’informer qu’à l’exemple des 4 personnes de la tête dirigeante de l’OM, je préfère me mettre en retrait moi aussi pour ce matin.

Ceci ne sera donc pas un billet d’avant-match comme il aurait dû l’être, même si les miens ne sont jamais fouillés, documentés car en vieillissant je vais à l’essentiel, je ne regarde que l’OM et du reste je m’en contrefous. L’adversaire, finalement je préfère le découvrir au moment du match. De toute façon, je n’ai qu’une envie, voir l’OM gagner et mesurer la place que va prendre la rencontre dans ma vie, la trace qu’elle y laissera, ainsi que dans l’histoire du club.

Quand je me rends au Stade, c’est pareil. C’est uniquement pour l’OM. J’adore le terrain, le tracé du football, mon Stade. Les tifos j’aime bien, je m’adapte, mais au fond, pour moi ils sont secondaires. S’il faut participer je suis là, pas de problème, je joue le jeu par respect pour ceux qui ont bossé dessus, je tends volontiers et sans rechigner mon carré de carton coloré. Je suis fier des très gros tifos sur tout le stade qui ont été réalisés, ça oui.

Mais je promets que jamais je ne suis allé au Stade en me préoccupant des tifos prévus ce jour-là. Et nous sommes un paquet ainsi, même si je sais qu’un certain pourcentage des « fans » qui épisodiquement garnissent le stade désormais y viennent pour vivre cette ambiance du vélodrome et de ses tifos.

Je dis tout ça pour situer à peu près la considération que j’ai pour les associations de supporters. Je respecte mais je m’en fous. Bien sûr je suis convaincu qu’il faut des chants et qu’il vaut mieux qu’ils soient coordonnés dans un stade, et c’est tant mieux si certains éprouvent le besoin de chanter pendant tout le match. On est pas obligés de faire comme eux même dans un virage. Je suis né au Vélodrome quand les Ultras n’existaient pas et il y avait déjà de grosses ambiances. Je sais ce qu’ils apportent et ont apporté au spectacle du foot mais il n’y a pour moi qu’un spectacle au stade, celui que les joueurs donnent sur le terrain. Des joueurs choisis par un président et un directeur sportif.

Lundi soir, les principaux responsables de ces associations de supporters ont dit leurs quatre vérités au staff directeur olympien de manière fort véhémente. Ils ont par la même occasion provoqué un seisme alors que l’OM s’était redressé sous l’action des dirigeants auxquels il a été commandé de se casser et de préparer leurs valises, ce qu’il est probable de les voir faire dans les jours qui viennent. Des créateurs de tifos, des ambianceurs, ont provoqué une grave crise illégitime de gouvernance au sommet de l’un des plus grands clubs d’Europe.

À la lecture de La Provence de ce matin et des terribles confessions de Pablo Longoria, président espagnol de l’OM qui se sent isolé plus que jamais, on voit se dessiner ce que je savais, c’était dans mon billet d’hier, il y a les associations de supporters et les liens avec certaines personnes en interne qui les utilisent.

Mais les déclencheurs de tout ce merdier ont bien été lundi les leaders des associations de supporters.

Ont-ils ces messieurs des dossiers lourds à présenter qui justifieraient ces interpellations énergiques aux vertus et intentions terrorisantes, vociférées aux membres de la direction olympienne ? Ils affirment que oui mais on attend toujours qu’ils les présentent. Si dans les jours qui viennent nous les observions dans l’impossibilité de légitimer leurs terribles propos à l’égard du jeune président meurtri, alors plus que jamais nous serions tentés de continuer de prendre nos distances avec eux. Comment pourrions nous dans ce cas continuer de les prendre au sérieux ? Comment dans ce cas continuer à jouer le jeu d’une ambiance merveilleuse et unitaire dont les instigateurs fomenteraient en coulisses des actes répugnants pour faire pression et contraindre les représentants légitimes de l’actionnaire, et peut-être au passage tirer quelques subsides pour leurs propres intérêts au-delà de la rente des cartes d’abonnement ?

À eux de se défendre désormais, avec de solides arguments car les tifos perdraient désormais sacrément de leur éclat si ceux qui président à leur création n’étaient pas en mesure de nous faire comprendre ce qu’il leur a pris lundi soir pour sortir des horreurs aux seuls vrais représentants du club.

Ce soir il y a donc un match. J’ignore dans quelle disposition je vais le regarder, car les joueurs doivent forcément le jouer. N’avez-vous pas cette impression vous aussi qu’on vous a volé votre émotion ? Que pensera-t-on demain des associations de supporters si le club devait à nouveau se retrouver par terre à la suite de cet épisode ? Que ce sont des fabricants ou des voleurs d’émotion ?

Vive le grand Roger Magnusson !

Thierry B. Audibert

TRISTESSE !

On dit souvent qu’un club de football professionnel, malgré des millions d’investissements, ne peut jamais être une entreprise comme les autres, il est rajouté à chaque fois : particulièrement à Marseille.


Bien avant la création des clubs de supporters, l’institution OM, alors encore sous statut associatif, a connu de grosses batailles à sa tête qui ont perturbé son fonctionnement, l’entraînant même dans les abysses de la 2e division, ancêtre de la Ligue 2, comme en 1980. Plus près de nous, il y eut les duels Tapie-Dubiton, quand le Boss toujours auréolé de sa victoire de 93 mais dépouillé de toute sa fortune avait fait un come back mouvementé à tous les niveaux, et sans oublier la lutte fratricide Deschamps-Anigo alimentée par l’agent Jean-Pierre Bernès.

Le club s’en est toujours remis.


Mais la séquence terrible dans laquelle il est plongé depuis deux jours monte à elle seule de plusieurs crans dans l’échelle du folklore après la légitime lutte de tout Marseille, les associations de supporters en tête, pour chasser Jacques-Henri Eyraud de son pouvoir hautain, inefficace et néfaste.


Depuis l’arrivée aux commandes de Pablo Longoria, personne ne peut plus dire que l’OM est géré par des amateurs, et d’ailleurs nous en avons constaté les résultats qui plaident pour lui et son staff, même si nous restons divisés sur ses options stratégiques de renouvellement régulier et en profondeur de l’effectif, des changements d’entraîneurs, et alors même que nous ne savons pas, mais qui peut le savoir vraiment, si ce sont les entraîneurs qui partent ou lui qui les incite d’une manière ou d’une autre à le faire. Il affirme que non, je serais plutôt pour le croire, y compris quand il affirme que lui aussi souhaiterait de la continuité dans le staff technique.


La situation sportive dans ce début de saison était jusqu’à présent loin d’être catastrophique malgré la sortie de route dans la course à la rémunératrice Ligue des Champions, compétition que nous ne pouvions pas envisager de gagner.


C’est un OM très moyen que nous voyons évoluer depuis la reprise, ce que beaucoup d’éléments peuvent justifier, mais je fais partie de ceux qui entrevoyaient une amélioration notable suite au dernier match malgré un résultat inférieur aux attentes. L’équipe se classe après cinq rencontres dans le haut du championnat, chose acceptable malgré le niveau présumé plus faible des formations rencontrées.


Mais le pouvoir de Longoria et son bilan ont été copieusement attaqués lors d’une réunion prévue de longue date, à la veille d’une série de matchs considérés comme délicats, qui supposaient que toutes les composantes du club, et autour, restent fédérées pour préserver aux joueurs un maximum de sérénité, alors que les virages leur ont envoyé trois jours avant, de façon très excessive selon moi, le fameux chant : Mouille le maillot ou casse-toi.


Au-delà de ce qui a pu être dit par les supporters présents à cette réunion, la première question qui se pose est celle du timing et de leur esprit de responsabilité. Pourquoi maintenant et pourquoi si fort alors que dans ce contexte la menace plane tout de même que l’équipe ne puisse pleinement s’exprimer dès jeudi à Amsterdam contre l’Ajax et dimanche soir à Paris ?


Les joueurs ont-ils lâché leur entraîneur au point de se montrer plus performants suite à son départ, ou bien marqueront-ils le coup en se retrouvant tout à coup sans projet de coach, et cela sans manquer de respect à Pancho Abardonado et Jean-Pierre Papin qui seront sur le banc malgré eux ? Nous verrons bien.


Abandonnons pour l’instant le sportif pour dire quelques mots sur le contenu de la réunion.


Vingt minutes de reproches sans que personne de la direction ne puisse prendre le temps de répondre. On est surpris d’apprendre qu’il a été fait un retour à charge sur les départs de Mandanda, Payet, Guendouzi qui apparaissaient comme des cas réglés, alors même que ces joueurs ne bénéficiaient plus tellement de cette unanimité qui les gardait de toute attaque. Les associations de supporters en mode syndicat des joueurs, voilà qui est nouveau. Mais passons.


Et puis il y a ce commandement impératif qui résonne comme une menace, après que le mot guerre ait déjà été prononcé : « Casse-toi, prépare tes valises… ». Il va sans dire qu’au delà du langage châtié qui peut être le nôtre à Marseille, et loin de moi l’idée de jeter la pierre, je mène à l’encontre de ma propre personne une vraie bataille pour sortir les termes excessifs de mon arsenal d’expressions, il va sans dire disais-je qu’il faut avoir en main de sacrés dossiers lorsqu’on a des responsabilités associatives pour se permettre de les balancer vers les représentants officiels d’une institution avec laquelle on entretient des rapports de partenariat.


Il me semblerait logique maintenant que les leaders d’associations de supporters viennent s’expliquer devant la communauté qui les fait vivre, les journalistes qui relaient souvent leurs messages et leurs actions, face au monde des supporters de l’OM dont ils sont issus et qui leur reconnaissent des qualités incroyables d’organisation et de ferveur.


S’ils ont de sérieux éléments à l’encontre de Longoria et de ses hommes, allant au-delà des récriminations que relaieraient ceux qui en interne, et de façon bien sûr anonyme, évoquent notamment un management sévère et fermé de leur part, qu’ils les communiquent. Nous sommes tout disposés à les entendre et les recevoir. S’ils estiment que ce sont des faits suffisamment graves pour perturber à ce point le fonctionnement professionnel d’un club comme l’OM au moment où il entame une phase cruciale de sa saison, et avant même qu’un temps suffisant soit donné à l’entraîneur et à l’équipe pour trouver sa pleine expression, alors allez-y. Tous les yeux sont désormais sur vous.


Je prie, je forme le vœu, eu égard au respect que je porte au mouvement Ultra duquel je ne me suis jamais réclamé mais dont j’ai toujours souligné ce qu’il avait apporté dans l’ambiance des stades, j’espère de tout cœur que vous détenez la vérité et le beau rôle dans cette crise que vous avez déclenchée. Car dans le cas contraire, je n’imagine pas la coulée de honte qui déferlerait sur vous, laquelle éclabousserait l’ensemble des supporters, y compris ceux qui ont décidé de s’extraire de toute cette violence, et d’une manière générale la ville et les marseillais.


À propos de la Ville de Marseille, je m’étonne qu’à cette heure, aucun de ses responsables ne soient intervenus mais je veux croire volontiers qu’ils ont déjà commencé à se préoccuper de la situation. Le contraire serait grave.


Je veux préciser pour le cas où je n’aurais pas réussi à rendre la chose plus perceptible, que ce billet exprime bien plus de tristesse que de colère, même si hier j’étais fortement tenté de rire devant l’absurdité de cette situation.


Vive le grand Roger Magnusson !

Thierry B. Audibert