Le rideau va tomber sur la Ligue 1. Il arrive qu’au théâtre on parle de torchon et cette expression colle parfaitement à la production olympienne cette saison. Un torchon !
De mémoire de supporter, après bientôt 56 ans de fidélité, d’attachement, d’observation resserrée de notre club, je n’ai jamais connu une saison aussi mauvaise, décevante, triste. J’ai certes vécu la descente en 2e division en 1980, les sanctions de la FFF dans les suites de l’affaire VAOM, mais les espoirs fous que nous avions placés dans cet effectif et son management au début de ce dernier exercice nous font tomber de très haut. Nous sommes d’accord, il n’y a pas de descente en Ligue 2 telle que des gloires passées de notre championnat en connaissent mais ce qui se joue n’est rien de moins qu’une descente en Ligue 2 européenne.
J’entends certains penser que la Ligue Europa serait un moindre mal mais il faudra m’expliquer ce que nous y ferions avec une équipe entière à rebâtir et des moyens qui s’annoncent limités, alors que nous ne connaissons pas qui en prendra le volant. Il faudra beaucoup de pédagogie pour me faire comprendre comment nous serons compétitifs dans les grandes journées de championnat en guerroyant le jeudi soir avec un effectif limité en joueurs de qualité.
La responsabilité de ce fiasco repose sur les épaules des dirigeants au premier rang desquels je place Frank McCourt. On ne m’enlèvera pas de l’idée que la pression qu’il a mise sur les épaules de Longoria-Benatia-De Zerbi lorsqu’il les convoqua aux US avant le début de l’exercice aura été mortifère. Là où le trio demandait des moyens pour étoffer l’effectif il a opposé une sévère fin de non-recevoir, ce qui a entrainé l’affaire Rabiot, l’international français sacrifié pour le nombre. Et ne parlons pas des arrivées tardives qui ont plombé la préparation. Je précise que je rapporte ici une forte intuition, non une info sourcée.
Je ne peux pas m’empêcher non plus de pointer sévèrement Mehdi Benatia qui croyait bien faire en instaurant dans le club un climat néfaste à l’épanouissement mental d’un groupe, rendant l’ensemble de l’institution invivable dans tous les secteurs y compris administratifs et financiers.
Ce qu’il s’est passé avec Papin et Ravanelli et d’autres moins dans la lumière qui voulaient sincèrement servir le club est intolérable. Je veux rendre hommage ici à La Provence qui aura dénoncé les agissements du directeur sportif marseillais dans son zèle à placer des hommes à lui à tous les étages y compris quand ils n’entraient pas dans ses attributions.
Je n’ai pas non plus l’intention d’épargner Longoria pour ses fragilités, son incapacité à exercer une véritable autorité respectable. Sur ce plan-là nous sommes toujours orphelins de Pape Diouf.
Concernant De Zerbi je ne vois qu’un immense gâchis car le jeu pratiqué par l’OM dans la première partie de saison est peut-être le plus beau que j’ai vu depuis 56 ans. Il y a eu des moments-clés dans lesquels certains joueurs ont failli, quand ce n’était pas l’arbitrage, mais j’ai vu une patte, du travail tactique et beaucoup de buts. J’ai beaucoup aimé Roberto.
Pour la prochaine saison, je veux prévenir ici le futur président que sans une baisse significative des abonnements en Ganay je ne reprendrai pas ma place pour une énième année zéro, année de transition, promesse de galère.
Que McCourt le sache également. S’il ne veut plus mettre d’argent dans le club, pourquoi en mettrions-nous de notre côté. Je refuse de me laisser prendre en otage par ma passion.
Autant le dire tout de suite, je ne crois pas en des tarifs plus modestes. Alors ce sera sans moi. Je regarderai tranquille les matchs en replay, sans souffrir.
Aux joueurs, que je n’oublie pas, je dirais une chose qu’énormément de supporters ont déjà exprimé : vous m’avez dégoûté ! Vous avez été en dessous de tout. Vous n’êtes pas des hommes mais des portefeuilles sur pattes, des petits garçons sans couilles et sans caractère. J’espère que le jour où vous crèverez, ce sera avec le souvenir de vos lâchetés lors de cette saison 2025-2026.
Vive le grand Roger Magnusson !
Thierry B. Audibert